Plan COSSAC

Le premier plan COSSAC pour le jour J a été présenté aux chefs de guerre alliés à Québec en mai 1943. Le lieutenant-général F E Morgan, à la tête du COSSAC, a été chargé de présenter ce plan. Morgan devait expliquer le plan par écrit au Cabinet de guerre en juillet 1943…

Le secrétaire,
Comité des chefs de cabinet,
Bureaux du Cabinet de guerre.

15 juillet 1943.

  1. Dans ma directive d'origine (C.O.S. (43) 215 (O)), j'étais chargé de préparer le plus tôt possible un plan pour un assaut à grande échelle contre le continent en 1944.
  2. Cette partie de ma directive a été par la suite amplifiée (voir COS (43) 113e réunion (O), point 4), en ce que l'on m'a ordonné de soumettre un plan d'ensemble pour un assaut, avec certaines forces spécifiées, à une date cible le 1er mai. , 1944, pour obtenir un gîte sur le continent à partir duquel de nouvelles opérations offensives pourront être menées. Il m'a été indiqué, au cours de cette amplification, que la zone d'hébergement devrait comprendre des ports qui, convenablement développés, pourraient être utilisés par des navires océaniques pour la constitution des premières forces d'assaut du Royaume-Uni, et pour leur poursuite de la constitution de divisions et d'unités de soutien supplémentaires qui pourraient être expédiées des États-Unis ou d'ailleurs.
  3. J'ai l'honneur de vous annoncer maintenant qu'à mon avis, il est possible d'entreprendre l'opération décrite, aux alentours de la date cible indiquée, avec les forces navales, terrestres et aériennes spécifiées, compte tenu d'un certain ensemble de circonstances existant à cette date. temps.
  4. Ces circonstances régissant sont en partie sous notre contrôle direct et en partie sans. Ceux qui sont sous notre contrôle concernent d'abord le problème de l'entretien des plages, et ensuite la fourniture de navires, de péniches de débarquement navales et d'avions de transport. Partout où nous pouvons tenter de débarquer, et quel que soit le nombre de ports que nous capturons, nous ne pouvons pas échapper au fait que nous serons obligés de maintenir une forte proportion de nos forces sur les plages pendant les deux ou trois premiers mois pendant la restauration des installations portuaires; et que, compte tenu de la variabilité des conditions météorologiques dans la Manche, cela ne sera possible que si nous sommes en mesure d'improviser rapidement des mouillages abrités au large des plages. De nouvelles méthodes pour surmonter ce problème sont actuellement à l'étude. Il n'y a aucune raison de supposer que ces méthodes seront inefficaces, mais je pense qu'il est de mon devoir de souligner que cette opération n'est à envisager que si le problème de l'entretien prolongé des plages et de la mise à disposition des ancrages artificiels a été résolu.
  5. En ce qui concerne la fourniture de navires, de péniches de débarquement naval et d'avions de transport, des ressources accrues dans ces domaines permettraient d'élaborer des plans alternatifs conçus pour répondre à plus d'un ensemble de conditions étrangères, alors que l'état des dispositions prises en compte dicte l'adoption de un cours seulement, ou pas du tout. Dans la mesure où des bateaux de transport, de débarquement et de transport supplémentaires peuvent être mis à disposition, les chances de succès de l'opération seront augmentées. Il semble possible d'envisager des ajouts résultant soit d'une intensification de la production, soit d'une réaffectation stratégique, soit, en dernier ressort, d'un report de la date de l'agression.
  6. Je suis parvenu à la conclusion que, compte tenu des limites de ressources imposées par mes directives, nous ne pouvons être assurés d'une chance raisonnable de succès au 1er mai 1944 que si nous concentrons nos efforts sur un assaut à travers les plages normandes. à propos de Bayeux.
  7. En ce qui concerne les circonstances que nous ne pouvons contrôler qu'indirectement, il convient, à mon avis, de stipuler que la situation existant à l'époque, tant sur terre en France que dans les airs au-dessus, doit être de nature à rendre l'agression aussi peu dangereux que possible dans la mesure où il est humainement possible de calculer. L'écart de valeur essentiel entre les troupes ennemies, hautement organisées, armées et entraînées au combat, qui nous attendent dans leurs défenses imprenables tant vantées, et nos troupes, qui doivent nécessairement lancer leur assaut à la fin d'un voyage transmanche avec tous ses risques, doivent être réduits à la marge la plus étroite possible. Bien que beaucoup puisse être fait à cette fin par les moyens disponibles et susceptibles de nous être disponibles au Royaume-Uni pour influencer ces facteurs, nous sommes largement tributaires des événements qui se dérouleront sur d'autres fronts de guerre, principalement sur le front russe, entre maintenant et la date de l'agression.
  8. Je suggère donc aux chefs d’état-major qu’il est nécessaire, si mon plan est approuvé, d’adopter la perspective selon laquelle l’opération «Overlord» est déjà en cours et de prendre toutes les mesures possibles pour veiller à ce que toutes les agences les ours sont désormais coordonnés dans leur action telle que décrite ci-dessous, de manière à provoquer l'état de choses qui aurait existé le jour choisi de l'agression.
  9. Enfin, j'ose attirer l'attention sur le danger de faire des comparaisons directes entre l'opération «Husky»* et l'opération «Overlord». Il ne fait aucun doute que l'expérience acquise actuellement en Méditerranée se révélera inestimable lorsque la phase de planification détaillée pour «Overlord» sera atteinte, mais dans leur ensemble, les deux opérations ne pourraient guère être plus dissemblables. Dans «Husky», les bases d'un littoral continental étendu ont été utilisées pour un assaut convergent contre une île, tandis que dans «Overlord», il est nécessaire de lancer un assaut depuis une île contre un littoral continental continental étendu. De plus, alors qu'en Méditerranée, l'amplitude des marées est négligeable et la météo raisonnablement fiable, dans la Manche, l'amplitude des marées est considérable et la météo capricieuse.
  10. Vous trouverez ci-joint des documents exposant le plan que je recommande pour adoption.

F.E. MORGAN, lieutenant-général,

Chef d'état-major du commandant suprême (désigné).

* = l'opération en Sicile en cours au moment de la rédaction de la lettre


Voir la vidéo: Cossac Planner Set Up (Juin 2021).